Damien Sikora, nouvel entraîneur au Pôle France Canoë-Kayak

Article paru dans L’EST RÉPUBLICAIN du 21 Décembre 2019

Depuis la mi-novembre, le Pas-de-Calaisien est le nouvel entraîneur du Pôle France sis boulevard d’Austrasie. Portrait sensible de ce céiste passé par l’Équipe de France et qui présente la particularité d’en être déjà retraité à 25 ans seulement.

Formé dans le Pas-de-Calais, Damien Sikora succède à 25 ans à José Ruiz, parti pour une autre mission au Creps de Dijon, au poste d’entraîneur du pôle France de course en ligne de Nancy.

Quand il a été présenté à ses futurs élèves à la mi-novembre, une évidence a frappé : Damien Sikora n’est pas beaucoup plus vieux qu’eux. Bien sûr, le nouvel entraîneur du Pôle France du CREPS de NANCY a un peu plus de bouteille que la locomotive actuelle de la structure du boulevard d’Austrasie, Laura Ruiz. Une céiste licenciée à Decize, qui affiche seulement 18 printemps au compteur et peut tranquillement se projeter vers Paris 2024.
Mais à bien y regarder, à 25 ans, le très jeune technicien Sikora doit considérer comme son aîné un autre protégé de Jean-Pierre Latimier : Francis Mouget. Un kiné du CHRU de Nancy-Brabois qui, avec les 29 années inscrites sur son passeport et son désir musculeux d’arracher in extremis un billet pour Tokyo, est le « papa » des pensionnaires du Pôle.

Trois ans au Québec

De fait, les deux compétiteurs Sikora et Mouget se sont forcément croisés sur les bassins. Mais le premier étant céiste et le second kayakiste, ils n’ont jamais été adversaires. Ce qui va déjà déminer leurs échanges futurs. Pour autant, tous les deux ont navigué avec un maillot tricolore. Une expérience qui a permis à l’espoir Sikora, tout droit sorti de l’école de formation de Saint-Laurent-Blangy, de se hisser au dixième rang mondial des C2 sur 1.000 m en 2014, au côté d’un autre pagayeur du Pas-de-Calais, Pierrick Martin. Un résultat qui était alors jugé prometteur.

Malgré tout, deux ans plus tard, tout a vrillé pour ce familier de l’Insep, qu’on pensait bien calé sur les rails menant aux échéances olympiques. Alors qu’il venait de se classer douzième en biplaces sur le kilomètre continental avec le Breton Tanguy Soucheyre, ce grand gaillard sensible a renversé la table. Comme une envie de changer complètement de repère : « En 2016, un mois après les championnats d’Europe à Plovdiv en Bulgarie, je suis parti au Québec, parce que Saint-Laurent-Blangy y avait un club en échange sportif et que j’avais rencontré quelqu’un. Là-bas, j’ai continué à m’entraîner comme un sportif de haut niveau. Mais ça m’a fait du bien de prendre du recul par rapport à ma pratique. Je me suis plus ouvert aux gens. »

Envie d’aider les autres

Seulement voilà, comme beaucoup d’autres, son histoire québécoise n’a duré qu’un temps. Et le mal du pays a fini par se faire ressentir : « Je suis resté là-bas jusqu’au début 2019 et je suis rentré en France en avril. Là, je me suis dit qu’à 25 ans, j’avais envie d’aider les autres. J’ai vu que j’avais toujours l’amour du canoë. Je voulais toujours continuer la compétition au niveau national, mais pas à l’international. »

Avec sa licence STAPS décrochée à l’INSEP spécialité « entraînement sportif », il a aussitôt été embauché par Saint-Laurent-Blangy, son club. Puis le destin s’est chargé de l’orienter vers la Meurthe-et-Moselle : « J’ai vu l’annonce sur le site de la FFCK.
Je me suis dit : « Pourquoi pas ? » Et voilà ! Dans tous les cas, je n’ai pas l’impression d’avoir pris une mauvaise décision. » Une option qui, quoi qu’il arrive, va donner un sacré coup de jeune au Pôle de la Cité Ducale !

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