Présent au CREPS de NANCY durant une semaine dans le cadre de sa préparation pour les Jeux Paralympiques de Tokyo 2020, Maxime THOMAS, figure emblématique du tennis de table handisport, au palmarès impressionnant, a accepté de répondre à nos questions.

Pouvez-vous vous présenter ?

 Maxime THOMAS : « J’ai 34 ans, je suis sportif de haut niveau depuis 2004 et triple médaillé paralympique en tennis de table. En fauteuil roulant depuis l’âge de 15 ans, je suis actuellement numéro 3 mondial et me prépare pour les Jeux Paralympiques de Tokyo. Je suis né à Nancy, mais j’ai été formé au club de Metz Tennis de Table par Ludovic REMY, actuellement responsable du Pôle France Jeunes au CREPS de NANCY. Parallèlement à ma carrière sportive, j’ai fait des études de droit, je suis titulaire d’un Master 2 puis j’ai occupé un poste de responsable juridique pendant quatre ans en bénéficiant d’une convention d’insertion professionnelle, il s’agit d’un dispositif permettant aux athlètes d’être libérés à mi-temps pour préparer leurs échéances sportives.

Depuis le début de l’année 2017, j’ai démarré une nouvelle activité en créant ma société de conseil en ressources humaines. »

Quel est votre palmarès sportif ?

M.T. : « J’ai connu ma première sélection en équipe de France en 2003. J’ai participé à trois Jeux Paralympiques : Pékin en 2008 et Londres en 2012 où j’ai remporté deux médailles de bronze par équipe et Rio en 2016, où j’ai remporté une médaille de bronze en individuel. En 2017, j’ai réalisé une belle saison avec deux médailles d’or et trois d’argent, remportant les titres de champion d’Europe et de France en individuel, de vice-champion du Monde et d’Europe par équipe et vice-champion de France en double.

Je totalise pour le moment 6 médailles mondiales dont un titre de champion du Monde par équipe, 14 médailles européennes dont 8 titres de champion d’Europe (3 en individuel) et 10 titres de champion de France. »

Les raisons de votre séjour au CREPS de NANCY ?

M.T. : « J’avais besoin de retrouver mes racines. C’est un retour aux sources puisque je suis né à Nancy et que j’ai été formé par Ludovic. Cela me permet également de travailler avec la base lorraine de mon staff technique et notamment Claude COLOMBO, ancien responsable du haut niveau du CREPS, qui m’aide à planifier mes saisons depuis les Jeux de Londres.

J’ai un feeling très spécial avec Ludovic, on se connait depuis presque vingt ans ! Cela me fait beaucoup de bien de le retrouver. C’est lui qui m’a donné l’envie de me surpasser et de repousser mes limites, il m’a transmis sa culture du travail, comme il le dit : « Bonne technique, bons résultats ». Je suis venu avec mon entraîneur Clément GADEA, cela nous permet de renforcer le travail que l’on met en place au quotidien et de changer de cadre. C’est important pour ne pas tomber dans la routine et la monotonie.

Je connaissais déjà l’établissement pour y avoir effectué un stage d’équipe de France en 2011 sous la direction de Jérôme HUMBERT. Le CREPS est totalement accessible en fauteuil roulant, la salle de tennis de table juste parfaite, la restauration excellente, l’accueil et l’hébergement sont de qualité, je suis dans des conditions optimales pour me préparer ! »

Quel est votre programme d’entraînement pendant cette semaine ?

M.T. : « Je m’entraîne avec les filles du Pôle deux fois par jours et c’est un vrai bonheur, elles ont un super niveau et cela m’oblige à m’adapter constamment à leurs natures de balles et leurs styles de jeu. Nous ajoutons quelques séances de paniers de balles avec Ludovic pour travailler certains coups techniques. Cela change notre façon de fonctionner et nous permet de travailler différemment avec Clément, mon entraîneur, qui a ainsi le temps de m’observer et de définir de nouveaux axes de travail et de progression. Nous mettons l’accent sur la qualité et la précision. »

La pratique et la compétition en tennis de table handisport diffèrent-elles du tennis de table valide ?

« Les règles du jeu et le matériel sont identiques. Une seule petite différence existe au niveau du service en compétition lorsqu’on est en fauteuil roulant. A part cela, le niveau d’engagement et d’exigence est identique.

Le tennis de table est l’un des sports les plus accessible au monde, nous pouvons pratiquer notre sport ensemble, que l’on soit valide ou en situation de handicap sans aucune difficulté. »

Quels sont vos objectifs pour la saison ?

M.T. : « Mon objectif principal est de décrocher le titre mondial en individuel lors des championnats du Monde qui se dérouleront en octobre prochain en Slovénie.

Puis on passera ensuite à la qualification pour les Jeux Paralympiques de Tokyo 2020.

A plus long terme, je me projette sur Paris 2024, les Jeux à la maison c’est quand même une formidable opportunité de développer la médiatisation des sports paralympiques et de changer le regard de notre société sur le handicap ! J’espère de tout cœur que les Jeux inspireront plusieurs générations et permettront de développer notre culture et notre pratique sportive. »