UN RAMEUR AU TALENT PROMETTEUR…

Médaillé de bronze aux championnats d’Europe de Glasgow, Sean VEDRINELLE s’est vu récompenser au terme d’un parcours atypique qui l’a vu naviguer entre Harvard et le CREPS de Nancy.

De retour de la prestigieuse université d’Harvard, Sean VEDRINELLE a décidé de se donner corps et âme à l’aviron. Après de gros efforts, le rameur a enfin connu le succès, avec une médaille de bronze glanée aux championnats d’Europe de Glasgow. ( Photo d’archives Éric DUBOIS )

À Plovdiv (Bulgarie) Du 8 au 16 septembre

C’était il y a un an. Sean VEDRINELLE débarquait au Pôle France Aviron du CREPS de Nancy, sans grandes certitudes, mais avec une immense ambition.

De retour d’Harvard, aux Etats-Unis, le Parisien de naissance voulait voir jusqu’où pourrait l’emmener l’aviron. Alors après quelques tests physiques pour faire ses preuves en section universitaire, la carrière de Sean au haut niveau est lancée. Pour l’anecdote, sur le test de force maximale, il fait tomber le record de France ! Ça vous pose le bonhomme !

Et puis en décembre 2017, différentes paires sur les bateaux sont essayées et une complicité sportive naît avec Benoît BRUNET. Sean se classe deuxième de l’évaluation ergométrique derrière… Benoît BRUNET. C’est à partir de là que sa présence sur le bateau du quatre sans barreur se décante. Bateau avec lequel il remporte le bronze aux championnats d’Europe de Glasgow le 4 août dernier.

Il y croise d’anciens partenaires qui ramaient dans le club d’aviron d’Harvard : « Sur mon année, on était trois à sortir de l’école, dont un rameur sur le bateau qui fait médaille d’argent », détaille le jeune homme de 22 ans.

Gros potentiel et aides financières

Longtemps, le problème majeur de Sean VEDRINELLE a été financier. Revenu des Etats-Unis après ses études, Sean a sacrifié une vie professionnelle qui aurait pu être fructueuse très rapidement pour l’aviron : « Je ne voulais pas faire de concessions académiques avant d’être diplômé. Mais maintenant que j’ai la mention  »Harvard » sur mon CV, c’est sûr que c’est plus facile. Donc là je me concentre à fond sur l’aviron, je n’ai rien à perdre. » Pendant plusieurs mois il a vécu sur ses économies et a surtout pu compter sur de l’aide extérieure, salvatrice. De l’argent de la part de la région Grand Est, un logement au CREPS par la Fédération Française d’aviron. C’est le même organisme qui lui permet d’être embauché en service civique à la ligue d’aviron, avant de trouver son nouveau travail en mars dernier : chercheur en mathématiques à l’Université de Lorraine. « Sans ces aides, je ne pourrais pas en être là aujourd’hui », reconnaît Sean VEDRINELLE. Et s’il a eu autant d’aides, c’est parce que ses entraîneurs ont rapidement repéré le potentiel du rameur. Un potentiel récompensé aux championnats d’Europe de Glasgow : « Sean a mis du temps pour trouver ses marques, mais il poursuit son rêve et là, ça vient de payer », déclarait Sébastien BEL, le responsable du Pôle France du CREPS de Nancy après la médaille de Bronze du quatre sans barreur le 4 août dernier. C’était il y a un mois.

La finalité de ce parcours singulier arrivera probablement dans quelques années. Ce sera dans deux ans, aux Jeux Olympiques de Tokyo. Ça passe par de bons championnats du monde en Bulgarie.

Thomas VICHARD

Article paru dans L’EST REPUBLICAIN du 27 Août 2018

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